Prochainement du Groupe Zur

(Crédit Photo: Mathilde Marcel)

Les cliquetis du projecteur sont recouverts par The Arizona Yodler, le tube folklorique des Dezurik Sisters (1938). Au rythme entêtant de la tyrolienne, on regarde un triporteur grimper péniblement une route très sinueuse. Un instant, on l’abandonne pour suivre un homme qui avance balle au pied. Entrainé, presque hypnotisé, par cette balle ronde et bleue, il parcourt des kilomètres -de mer et de montagne-. Tandis que d’autres traînent, à la force du poignet, une barque au sommet d’une colline, dont les herbes hautes rappellent celles que la bobine de film, échapper du triporteur, dévale… . Les histoires se mêlent et se répondent dans le mouvement et son errance.

Avec Prochainement, le Groupe ZUR (Zone Utopiquement Reconstituée) poursuit sa réflexion sur le voyage et la migration. Déjà Horizone km zéro (2012) faisait de l’image cinématographique un ailleurs. Des corps d’hommes et de femmes marchant dans des paysages désertiques, apparaissaient çà et là sur des panneaux tendus à bout de bras.

L’écran -composé d’élastiques – se disloque. Un passage s’ouvre. Une jeune femme, avec une grosse pendule accrochée sur le dos, invite les spectateurs à traverser. Je la suis, telle une Alice, avide et curieuse. D’abord désorientée par la fragmentation de l’espace, je ne sais où aller. J’avance quasi-somnambule entre les installations. J’observe un homme qui gonfle des ballons bleus avant de les laisser s’envoler, me prends les pieds dans un rail de travelling et chancelle jusqu’à une cage dans laquelle s’amoncellent des téléviseurs.

Alliés à un univers sonore riche de tintements, de chants et de vrombissements lampions, projecteurs et fumigènes créent une atmosphère propice au songe, tandis que les caméras, la présence des acteurs et du metteur en scène qui se lamente sur son chef d’œuvre construisent par petites touches un studio de cinéma. Certains objets tissent des liens entre le film projeté au début et les tableaux vivants. Suspendue, la barque devient un autel de bougies alors que le triporteur est la locomotive d’un train d’écrans sur lesquels l’ombre des voyageurs et les paysages défilent. D’occurrence visuelle en occurrence sonore le spectateur élabore son propre récit.

Dérive cinématographique onirique et poétique, Prochainement bouscule le dispositif frontal du cinéma de plein air, donne épaisseur au film et marque par la beauté de ses images.

Mathilde Marcel

Le Groupe ZUR : Christophe AUGER, Aurore BAUDOIN, Antoine BIROT, David BOIDIN, Evelyne CAILLET, Stefano CANAPA, Laure CHARTIER, Raphaël DALAINE, Mattieu DELAUNAY, Stéphane DELAUNAY, Nicolas GALLARD, Olivier GUILLEMAIN, Loredana LANCIANO, Flop LEFEBVRE, Nicolas LE BODIC, Baptiste LECHUGA, Jérome LUBIN Jean-François ORILLON, François-Noël PAVIE, Michaël PHILIS, Soraya SANHAJI, Lelia SERRA, Yoana URRUZOLA.

Accompagnés de Valentin AGRAPART et avec la contribution de Swann, Bartholomé, Matteo, Sonia GEMAYEL et Fabien GRUAU pour le film.

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