Lovesick, série créée par Tom Edge

(crédit photo: Neil Davidson/Netflix)

Au début de Lovesick, Dylan Witters (Johnny Flynn), jeune trentenaire installé à Glasgow où il partage un appartement avec ses meilleurs amis Luke (Daniel Ings) et Evie (Antonia Thomas), se voit diagnostiquer une chlamydiose, une IST bénigne mais qui l’oblige à contacter ses ex petites amies. La quête de Dylan dans son passé sentimental sert de fil conducteur à la série qui nous balade entre le présent et les, nombreux, échecs sentimentaux du héros. Au fil des épisodes apparaît cependant une trame secondaire qui supplante la première pour devenir le véritable enjeu de Lovesick : le chassé-croisé amoureux, entre Dylan et sa meilleure amie Evie.

Nommée Scrotal Recall[1] lors de sa première diffusion sur Channel 4 en 2014, cette série – si l’on considère le point de départ sexuel du récit – s’annonce comme l’une de ces comédies trash, typiquement britanniques mélangeant romance, absurde et vulgarité assumée[2]. Lovesick, son nouveau titre depuis 2016 et son transfert sur Netflix, est non seulement plus élégant mais surtout plus fidèle au ton et aux personnages de la série de Tom Edge.  Dylan est bien « malade d’amour », littéralement à cause des chlamydias, mais aussi, plus profondément, malade de son romantisme excessif qui le rend incapable de construire une relation sur le long terme.

D’abord organisée autour des allers -retours entre le présent et les souvenirs de Dylan, la série devient de plus en plus chorale et au fil des trois saisons et sans se détacher de son attachant personnage principal le récit inclut progressivement les points de vue de Luke et Evie. Comme la plupart des séries britanniques, Lovesick repose sur ses personnages: toujours fortement caractérisés mais qui ne deviennent jamais des caricatures et restent profondément humains. Cette comédie mélancolique aborde avec beaucoup de délicatesse les tensions entre désir et sentiment. Le projet est résolument intimiste et les enjeux peuvent paraître infimes mais, mine de rien, entre les passages obligés de la comédie romantique, en explorant les sentiments parfois contradictoires de ses personnages, Lovesick réussit à mettre en jeu une véritable éthique des relations amoureuses, amicales ou sexuelles, posant les questions de l’engagement, de la vérité et de l’honnêteté envers les autres et envers soi-même sans aucun moralisme ou résolution facile (ce qui n’est pas si courant) et sans sacrifier le plaisir romanesque de la fiction.

Hadrien Fontanaud

Créateur: Tom Edge

Distribution: Johnny Flynn, Antonia Thomas, Daniel Ings, Hannah Britland, Joshuah McGuire, Richard Tomson, Jessica Ellerby


[1] https://metro.co.uk/2018/01/01/lovesick-creator-tom-edge-season-3-jk-rowling-collaborations-coming-back-scrotal-recall-7195293/

[2] Un exemple, hélas trop peu connu dans nos contrées, serait l’excellente série de Dan Clarke How Not To Live Your Life (2007-2011),  centré sur les aventures sexuelles et sentimentale d’un ‘adulescent’ trentenaire, a l’immaturité proverbiale et amoureux de sa locatrice

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