Victor F.

(photo de Pierre Grobois)

Une pièce d’après Frankenstein de Mary Shelley

Après avoir présenté Le Prince (2014), d’après Machiavel, Laurent Gutmann revient au théâtre de la Croix Rousse avec une pièce inspirée de Frankenstein. Si le célèbre roman de Mary Shelley baignait dans une atmosphère mêlée d’horreur et de romantisme, ceux-ci sont totalement absents dans l’interprétation proposée par Laurent Gutmann – laquelle relève davantage de la farce.

Sur une scène dénudée, et teintée d’un vert rappelant celui utilisé dans certains hôpitaux ou laboratoires, Victor Frankenstein se présente tel un conférencier s’adressant au public. A l’aide de tableaux volontairement kitsch, il fait un résumé loufoque de sa vie : sa jolie Suisse natale, mais aussi la mort qui a fauché ceux qu’il aimait, plaçant notamment sur un même plan la disparition de son hamster Gérard et celle de son petit frère William. Pendant ce temps se tient, silencieux et assis sur une chaise, un personnage aveugle. Nous apprendrons par la suite qu’il se prénomme Henri et qu’il est l’ami de Victor. Soulignons qu’il remplit plutôt bien dans la pièce, le double rôle d’une part de l’aveugle qui dans le roman, est le seul capable de porter de l’affection à la créature ; et d’autre part celui de l’ami d’enfance de Victor (Henry dans le roman).

Autre différence majeur avec l’histoire de Mary Shelley, l’action ne se passe pas au siècle des Lumières, mais bien à notre époque. De fait, Laurent Gutmann précise qu’il souhaite se démarquer des précédentes adaptations de Frankenstein ; ce n’est pas l’esthétique gothique et l’épouvante qui l’intéressent, mais davantage la question, brûlante d’actualité, que pose le roman : « en voulant à tout prix s’affranchir de la maladie et de la mort, l’homme ne s’attaque-t-il pas à ce qui fonde son humanité même, à savoir la conscience et le respect de ses propres limites ? ». Soit. Mais cela nécessitait-il de verser dans le climat contraire, à savoir la fantaisie et la bouffonnerie ? Car c’est bien ce parti que Laurent Gutmann choisit : avec par exemple une Elizabeth (la fiancée de Frankenstein) qui en fait volontairement des tonnes pour attirer l’attention du scientifique ; et dans la seconde partie de la pièce un décor hyperréaliste qui vient illustrer la Suisse verdoyante. Certes, nous avons déjà vu ce genre de décalage fonctionner parfaitement ; c’était le cas avec le Hamlet de Vincent Macaigne ; lequel n’était pas resté dans un entre-deux et avait joué à fond la carte du Grand Guignol. Or ici, on reste un peu dans cet entre-deux. Mais venons-en à la créature. Elle n’a évidemment rien à voir avec celles auxquelles les adaptations cinématographiques nous ont habituées. Pas la moindre trace de coutures chirurgicales, pas de greffes de chairs mortes, pas de couleurs blafardes, pas de visage sombre. Si c’est ce que vous vouliez voir, vous serez déçu. Pourtant c’est peut-être là que réside finalement la meilleure trouvaille de Laurent Gutmann. En lieu et place du monstre il nous propose une sorte de marionnette : un homme portant une énorme tête de mannequin dont la face affiche un sourire figé. Par là, il figure assez bien le mythe du corps sans âme, la conjonction entre vie et mort et la nature initialement affectueuse de la créature. Etrangement nous sommes effrayés par ce visage surdimensionné qui affiche tous les signes de sympathie mais dont la fixité du regard et du sourire nous glace. Avons-nous vraiment envie de cet homme nouveau ?

Sophie Rieu

Lien vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Q1oOYp1njLo&feature=youtu.be

 

Victor F.

d’après Frankenstein de Mary Shelley

écriture et mise en scène Laurent Gutmann

avec Éric Petitjean ,Cassandre Vittu de Kerraoul,  Luc Schiltz, Serge Wolf

scénographie Alexandre de Dardel

costumes Axel Aust

lumières Yann Loric

son et régie son Estelle Gotteland

maquillages

perruques Catherine Saint-Sever

collaboration artistique Aurélien Desclozeaux

masque Alexis Kinebanyan – KFX Studio

construction du décor Ateliers des Théâtres de la Ville de Luxembourg et l’EPPGHV (La Villette)

régie générale Serge Richard

régie lumières Susy Malia

régie plateau Salomé Laloux-Bard

direction de production Emmanuel Magis, Anahi

production: La Dissipation des brumes matinales | coproduction: Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, Le Granit – SN de Belfort | avec le soutien de la DGCA – Ministère de la Culture et de la Communication, de l’ADAMI, de l’ONDA – Office national de diffusion artistique, et la participation artistique de l’ENSATT

 

Site du théâtre de la Croix Rousse : www.croixrousse.com/

 

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Une réflexion sur “Victor F.

  1. Monoprix vend des CD NecroPedoSadoMaso ! Une honte pour la République ! NecroPedoSadoMaso est un assaut du groupe SEWER, un terroriste composé de Swagg Man, Amine Mojito et Morsay ! Tapez « NecroPedoSadoMaso SEWER » dans un moteur de recherche et vous trouverez en première image une image de Morsay en train de se rentrer une bananier dans le CUL !!! Quant à Amine Mojito celui-là même qui disait il y a peu « je suis le nouveau Mohamed Merah » tandis qu’il fouettait une française avec sa ceinture Unkut !!!! « On va faire pire que Adolf Hittler » disait-il !!! Et les propos de l’album NecroPedoSadoMaso ne sont guère plus appropriés à en croire le groupe SEWER. « Il faut enfoncer des godes dans la chatte d’Océane 12 ans et demi » « je gicle mon foutre sur les chiennes francaises » disait Swagg Manb !!!! tapez « Swagg Man NecroPedoSadoMaso » et vous verrez bien !!!! Marine 2022, ça urge !!!

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