Le client de Asghar Farhadi

Le réalisateur Asghard Farhadi est un des enfants terribles du cinéma contemporain : il remporte des prix à chaque film qu’il réalise. En 2009 avec A propos d’Elly, il a gagné l’Ours d’argent au festival de Berlin pour la meilleure réalisation ; en 2012, il a gagné l’Ours d’or avec Une séparation et l’Oscar pour le meilleur film étranger, et en 2013 l’actrice Bérénice Bejo dans Le passé a remporté le prix au Festival de Cannes. Même chose pour Le client, qui a remporté le prix du meilleur scénario et meilleur acteur (Shahab Hosseini). Ces deux derniers prix identifient très fortement le cinéma du réalisateur iranien qui justement s’appuie sur un très bon scénario et des bons acteurs. Farhadi a appris une des leçons plus importantes du cinéma : quand tu as un scénario et des acteurs solides, le film est pratiquement fait. Effectivement Le client est un produit de très grande qualité, où Farhadi montre son aise de décrire la société iranienne: il semble faire partie d’une trilogie, avec A propos d’Elly et Une séparation, où le réalisateur iranien décrit avec grande précision et réalisme les difficultés de la société de son pays, par le biais de liens familiaux et amicaux compliqués et douloureux. Le Client possède donc avant tout un scénario vraiment exceptionnel, écrit avec calme et concentration, plein de mystère et d’un sentiment de claustrophobie qui restituent bien l’atmosphère iranienne. Les références au théâtre sont nombreuses, surtout à Fassbinder et Mort d’un commis voyageur de Arthur Miller, mais Farhadi réussit à trouver un équilibre formidable entre les deux formes, en réalisant un produit unique. Les acteurs réussissent à passer d’une forme à l’autre avec fluidité et interpréter le scénario avec grande bravoure, car ils se retrouvent face à des personnages absolument vraisemblables. Le protagoniste, Shahab Hosseini, forme un couple formidable avec Taraneh Alidoosti, sans que l’un ne mette jamais en difficulté l’autre. Au contraire il se crée une complicité et une empathie qui ont été récompensées par le prix de Cannes.

Asghar Farhadi réussit une fois de plus à montrer son talent multiforme de pouvoir raconter et décrire avec un œil lucide les mécanismes inconscients de sa terre d’origine, pour faire réfléchir aux profondeurs de l’âme humaine un public toujours plus large au niveau international.

Tommaso Tronconi, traduit par Fabio Raffo.

Source originale le blog italien de critique « Onesto e spietato »: http://www.onestoespietato.com/le-client-farhadi-recensione/

(Tommaso Tronconi, 1988 : florentin doc, a effectué l’ensemble de son parcours universitaire à Florence, notamment un master en Histoire du Cinéma et s’est spécialisé dans la critique cinématographique et la création de blog, ndlr.)

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