Elvis et Nixon, de Liza Johnson

(crédit photo: Steve Dietl)

A little less conversation

Il y a trois genres de rencontres : les rencontres célèbres, passées à la postérité, les rencontres secrètes, et les rencontres qui sont en même temps célèbres et secrètes. Parmi ces dernières il y a la rencontre entre Elvis Presley et Richard Nixon qui se déroula en décembre 1970. Un face à face entre deux géants de l’histoire américaine contemporaine qui est d’autant plus incroyable qu’il est avéré.

Le long-métrage, dirigé avec brio par Liza Johnson, est porté par les acteurs, Michael Shannon et Kevin Spacey, tous les deux formidables. Shannon affirme une fois de plus sa capacité à interpréter des rôles très différents. C’est un géant non seulement pour sa taille mais aussi par son talent. Son Elvis est charismatique, poignant, et un peu mélancolique. Kevin Spacey est désormais parfaitement à son aise dans le rôle du leader charismatique (ce qui est sans doute normal après son interprétation magistrale de Frank Underwood) : il est la copie parfaite d’un des présidents d’Amérique les plus contestés et contestables. Les deux acteurs ne fournissent jamais une caricature des deux personnages. Les pieds par terres, leur jeu est rock mais pas trop, toujours réaliste.

Elvis et Nixon a le mérite de transposer sur grand écran une de ces histoires qui semblent écrites pour le cinéma, fantastiques et véridiques à la fois. D’autre part le film reste trop à la surface, centré sur l’élément paradoxal de cette rencontre, et ne tente pas un approfondissement du contexte politique et social. On voit rapidement quelques images télévisées que le « Roi » trouve insupportables. Tout en général reste peu consistant, l’ensemble esquisse plus une carte touristique qu’une vraie photographie de l’époque. Le générique d’ouverture est par contre vraiment remarquables.

Elvis et Nixon est donc un film qui attire le spectateur, mais ne satisfait pas complètement ces attentes. Elvis chantait « A little less conversation, a little more action ». Une phrase qui semble bien synthétiser ce que nous aurions voulu pour ce film.

Tommaso Tronconi, traduit par Fabio Raffo

Source originale le blog italien de critique « Onesto e spietato »: http://www.onestoespietato.com/elvis-e-nixon-recensione-film/

(Tommaso Tronconi, 1988 : florentin doc, a effectué l’ensemble de son parcours universitaire à Florence, notamment un master en Histoire du Cinéma et s’est spécialisé dans la critique cinématographique et la création de blog, ndlr.)

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