Instantané au Festival d’Avignon, le 17 juillet

Nous réunissons ici deux micro-critiques de deux spectacles vus le même jour au Festival d’Avignon

(Crédit photo: DR)

20 novembre de Sofia Jupither

On ne sait pas si on pourrait nommer ce hasard positif ou fâcheux, mais assurément le choix de ce texte résonne terriblement et fait écho à l’actualité. 20 novembre de Lars Norén, mis en scène par Sofia Jupither, donne à entendre les pensées d’un jeune troublé, terroriste en puissance, qui explique les raisons avant d’accomplir son massacre. Il essaie de nous faire comprendre que, malgré son malaise, son acte est une réaction causée par notre société malade, dont, nous spectateurs, sommes tous complices.

Pour un propos de ce genre, il fallait un acteur démesurément bon. C’est bien le cas, David Fukamachi Regnfors est presque inquiétant, tellement il s’investit dans le rôle de ce jeune terroriste. Ses regards maladifs et obsessionnels devant la caméra sont pour le moins troublants. Malgré la grande bravoure de l’acteur et l’actualité du propos, ni la mise en scène ni le texte ne sont assez puissants. Le texte tourne en rond. Durant une heure, les mêmes mots, les mêmes raisonnements reviennent encore et encore.

Quant à la mise en scène, elle ne réussit pas à notre avis à mettre en valeur le jeu formidable de l’acteur, au contraire elle le rend statique. Le plateau est presque vide, seule une caméra et une structure en carton où l’acteur peut marcher, parfois écrire, se dressent. Sur la droite on voit le sac avec les armes du jeune, qu’il prendra à la fin. Regnfors a donc vraiment peu de moyens pour varier son jeu, et malgré sa qualité, le risque est que ce long monologue noie le spectateur dans l’ennui.

Au Théatre Benoît XII

Texte: Lars Norén
Mise en scène: Sofia Jupither
Scénographie: Erlend Birkeland
Lumière: Ellen Ruge
Avec: David Fukamachi Regnfors

Rumeurs et petis jours

(Crédit photo: Christophe Raynaud de Lage)

Rumeur et petits jours de Raoul Collectif

Le Raoul collectif propose une fresque puissamment comique et drôle ! On rit jusqu’aux larmes grâce à l’univers léger et presque absurde proposé par la compagnie. Les cinq personnages sont très solides et chacun se construit sur un type, un caractère précis, les acteurs pouvant proposer un travail vraiment fin sur la voix, qui arrive aussi jusqu’au chant.

Rumeur et petits jour met en scène une émission de radio, où s’affrontent de faux intellectuels aux positions divergentes. Le comique de situation s’appuie sur leurs prises de positions ridicules autour de métaphores littéraires de mauvaise qualité. Ils arrivent à trouver une métaphore politique même dans les images d’animaux en voie de disparition montrés en photos par un des cinq. Il montre des images alors que théoriquement ils sont dans une émission radio, vous avez bien compris le côté irréaliste assumé par ce spectacle. La légèreté de la structure ne manque pas en plus de proposer de véritables moments de poésie scénique, avec des images d’une beauté remarquable, comme quand ils se jettent de la terre sur le plateau. Un véritable coup de cœur.

Au Cloître des Carmes

Conception: Raoul Collectif
Costumes: Natacha Belova
Lumière: Philippe Orivel
Son: Julien Courroye
Avec: Romain David, Jérôme de Falloise, David Murgia, Benoît Piret, Jean-Baptiste Szézot

Fabio Raffo, vus le 17/07 au Festival d’Avignon

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s