Yatra de André Marín et Kader Attou

(crédit photo: FMM 2011 Vishwa Mohan Bhatt & The Divana Ensemble “Desert Slide)

Yatra : voyage, en sanscrit. Voyage entre continents, peuples et cultures différentes, magiquement liés par la musique et la danse. Les six musiciens de l’ensemble Divana du Rajasthan (Inde) habillés de façon traditionnelle, jouent de leurs instruments classiques assis sur le plateau, au fond, pendant qu’Andrés Marín, danseur de flamenco et chorégraphe, et les deux danseurs de hip hop préparés par Kader Attou, se répartissent la scène du théâtre Opéra Berlioz Le Corum dans le cadre du Festival Montpellier Danse. Une façon très originale pour se libérer des préjugés sur l’inéluctabilité des liens entre certains mouvements et certaines musiques, pour comprendre qu’en réalité les influences, les ressemblances, les contaminations, sont beaucoup plus nombreuses qu’on le pense. Peu à peu les liens se tissent dans une claire évidence : plongeant ses racines dans la coutume gitane, peuplade nomade issue de l’Inde, le flamenco bat le pavé avec une danse urbaine d’aujourd’hui, le hip hop.

Dans un faisceau de lumière la figure du danseur de flamenco, t-shirt et pantalon noir, se détache clairement dans sa fière attitude, le mouvement se déroule dans une démonstration d’habilité et de puissance. Le danseur de hip hop, lui-même vêtu de noir, relève le défi et relance. Le jeu entre eux est très intéressant, chacun fait de son mieux dans sa propre discipline en utilisant ses codes, puis va plus loin, en effet on s’aperçoit qu’un danseur prend le mouvement, le geste de l’autre, le copie, le change, le développe : c’est un fécond dialogue, une productive transmission d’impulsions, de disciplines, d’histoires, un échange. Il s’agit d’échange même le moment de chant, un duo entre un musicien indien et Marìn où les rôles sont habilement mêlés, tout comme dans la compétition entre la musique créée par les talons et celle créée par le kartâl. La construction du spectacle procède avec une démarcation de la scène en rectangles lumineux, espaces délimités ou les trois danseurs s’aventurent dans des solos et des rencontres. On remarque l’esprit positif des choix chorégraphiques comme du message qu’ils portent. Malgré l’impeccable exécution, la technique laisse place à l’émotion, la modernité regarde le futur en contentant la précieuse tradition, les différences deviennent richesses à partager. Le public apprécie et le montre par une standing ovation.

Sara Maddalena, vu le 9.7.2016 à Opéra Berlioz, Le Corum au Festival Montpellier Danse

Chorégraphie : Andrés Marín et Kader Attou
Création lumière : Fabrice Crouzet
Son : Fali Pipio
Production : Artemovimiento
Coproduction : Le Manège, Scène nationale (Maubeuge), Philharmonie de Paris
Composition musicale : Régis Baillet, Ensemble Divana (Rajasthan)
Avec : Andrés Marin, Medhi Ouachek, Amine Boussa – Florent Gosserez (en alternance)
Musique interprétée en direct par l’Ensemble Divana (Rajasthan) : Anwar Khan Manghanyiar (Chant), Ghewar Khan Manghanyiar (Kamanchiya), Mehardeen Khan Langa (Sarangui), Gazi Khan Barna (Kartâl), Feiruz Khan Manghanyiar (Dholak)

 

 

 

 

 

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