Les souvenirs de Jean-Paul Rouve

(crédit photo: Etienne George)

Qu’est-ce qu’un souvenir ? Survivance ? Objet touristique ? [1]  Le souvenir peut être de ceux que l’on achète à l’aéroport après un beau voyage. Mais il peut être aussi réminiscence du temps passé, il concrétise un sentiment qui autrement n’aurait aucun moyen de s’exprimer. Il permet de rendre le passé au présent, de revivre quelque chose de perdu.

Les souvenirs de Jean-Paul Rouve est un film qui propose une réflexion intime sur le temps qui passe, et sur ce qui reste, dans un objet comme un cadeau, une carte postale, une peinture, une fleur, mais aussi dans une caresse. Il s’agit de quelque chose de menu mais non superficiel ni inutile, qui parle au public. Dans la lignée de La Famille Bélier, cette œuvre trouve sa place. Elle n’a pas l’ambition d’être un chef d’œuvre, mais elle sait toucher la sensibilité des spectateurs.

Le long-métrage procède tranquillement, sans grandes tensions, mais l’attention reste grande grâce à des personnages sympathiques et originaux caractéristiques des comédies françaises actuelles : le patron de l’auberge qui embauche le protagoniste car il lui rappelle son fils, le peintre d’animaux inconnus, le pompiste qui offre des leçons de vie à ses clients. Voici des figures fugaces comme un souvenir.

En conclusion, nous avons là une fable moderne, qui s’enrichit d’une douce musique, qui rappelle certains cd de la jeune Carla Bruni. Elle chantait « Quelqu’un m’a dit ». De même Les souvenirs est un film qui vit grâce à « quelqu’un m’a dit », grâce au bouche à oreille  et c’est seulement grâce à cela qu’il pourra lui aussi devenir un souvenir.

[1] Ndt. En italien le mot “souvenir” se réfère exclusivement aux souvenirs touristiques.

Tommaso Tronconi, traduit par Fabio Raffo. Source originale le blog italien de critique « Onesto e spietato »: http://www.onestoespietato.com/les-souvenirs-la-recensione/

(Tommaso Tronconi, 1988 : florentin doc, a effectué l’ensemble de son parcours universitaire à Florence, notamment un master en Histoire du Cinéma et s’est spécialisé dans la critique cinématographique et la création de blog, ndlr.)

Réalisation: Jean-Paul Rouve
Scénario: David Froentkinos (d’après son  roman éponyme) et Jean-Paul Rouve
Photographie : Christophe Offenstein
Montage : Christel de Wynter
Musique : Alexis Rault
Production : Maxime Delauney et Romain Rousseau, Thierry Ardisson (co-producteur)
Avec: Michel Blanc, Annie Cordy, Mathieu Spinosi, Chantal Lauby

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