A Perfect day (un jour comme les autres) de Fernando Léon de Aranoa

Ironie et intelligence contre la guerre

Réaliser un film sur la guerre en Bosnie est toujours un choix courageux, parce que le public a souvent des difficultés à admettre l’existence d’une guerre si proche géographiquement et temporellement, une guerre dont on entend encore les échos aujourd’hui. En même temps le cinéma a développé toute une série de longs-métrages sur la thématique en question, comme par exemple Bienvenue à Sarajevo de Michael Winterbottom (1997), ou No man’s land de Danis Tanović (2001), La vie est un miracle d’Emir Kusturica (2004), Au pays du sang et du miel d’Angelina Jolie (2012).

A Perfect day d’Aranoa est une œuvre qui vient enrichir ce genre si controversé mais aussi bien prolifique. Le résultat est un film intelligent, qui sait trouver un bon équilibre entre la comédie et le drame, en respectant dans les deux cas les protagonistes, un groupe humanitaire, et les victimes de guerre. Sans aucun doute le réalisateur a écrit un des meilleurs scénarios de cette année cinématographique.

En 1995, dans les Balkans, une organisation humanitaire recherche une corde pour récupérer un cadavre, particulièrement corpulent, bloqué dans un puits afin d’éviter la contamination de l’eau. Ainsi, tel un funambule qui affronterait le risque de marcher sur une corde, ici la corde devient la métaphore du risque, le film prend et dépasse avec succès une thématique délicate qui peut faire rire mais aussi provoquer du scandale. On retrouvera aussi d’autres thématiques liées à la guerre, telles que le danger des mines antipersonnel ou la jeunesse brisée et sans avenir.

Cette quête si simple en apparence sera l’occasion de toute une série de complications, où la bonne volonté de l’homme affronte les limites de la loi. L’humour noir, qui est l’élément caractéristique de ce long-métrage, trouve son contrepoids dans une réflexion de fond sur l’absurde distance entre une réalité terrible et terrifiante et les protocoles mis en place pour la gérer. Le spectateur entrevoit l’horreur de la guerre et ses conséquences, puis regarde la pluie de la séquence finale en effacer les sanglantes traces.

Le scénario est enfin soutenu par d’excellents acteurs. Mention spéciale pour le duo Bénicio del Toro-Tim Robbins qui gère avec énergie les situations involontairement comiques de l’histoire.

Tommaso Tronconi, traduit par Fabio Raffo. Source originale le blog italien de critique « Onesto e spietato »: http://www.onestoespietato.com/perfect-day-film-recensione/

(Tommaso Tronconi, 1988 : florentin doc, a effectué l’ensemble de son parcours universitaire à Florence, notamment un master en Histoire du Cinéma et s’est spécialisé dans la critique cinématographique et la création de blog, ndlr.)

Réalisation et scénario: Fernando Léon de Aranoa
Photographie: Nacho Ruiz Capillas
Musiques: Arnaud Bataller
Avec: Benicio del Toro, TIm Robbins, Olga Kurylenko, Mélanie Thierry

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