Au cœur de l’ocean (Heart of the see) de Ron Howard

(crédit photo: Getty Images)

Ron Howard nous emmène au cœur des océans pour retrouver les origines de Moby Dick. Il construit ainsi un film solide, émouvant et épatant.

Au début il y avait la baleine. Puis le requin blanc de Spielberg le supplanta. Mais à Ron Howard revient le mérite de nous faire redécouvrir le mythe de la baleine la plus connue de la littérature.

Le réalisateur de Rush s’appuie sur l’œuvre éponyme de Nathaniel Philbrick, qui tend à démontrer que le roman d’Hermann Melville s’inspire de faits réels. L’écrivain américain a par ailleurs remporté en 2000 le National Book Award pour son récit maritime In the Heart of the Sea: The Tragedy of Whaleship Essex sur le baleinier Essex.

Le résultat de tout ça est Au cœur de l’océan, un film spectaculaire, dans lequel Howard ajoute en plus son intérêt pour la psychologie humaine : il réfléchit au désir de l’homme de dépasser les limites imposées par la nature, ce qui est un élément fondamental de tout mythe depuis Ulysse de Homère. On retrouve donc cette envie de la part de l’homme de dépasser les limites et de dompter la nature dont la baleine révèle l’incroyable pouvoir de destruction.

Le film d’Howard a donc le goût de l’épique, des grands films sur la mer. Ce n’est pas un hasard s’il rappelle Master and Commander, en nous emmenant aux limites de ce qui est connu et aussi aux limites de la raison humaine. Le long-métrage a aussi le mérite de trouver une grande solidité narrative tels les grands romans du 19° siècle. Cela est possible grâce à une attention pour la complexité psychologique de ses personnages. Il faut faire surtout mention de Chris Hemsworth, qui, dans le rôle principal a le loisir de montrer l’étendue de son talent, se permettant même de cabotiner

Avec Au cœur de l’océan Howard rend hommage à ses prédécesseurs : en premier lieu à Spielberg et Aux dents de la mer avec la scène où les cordes du bateau tombent dans la mer et se lient sur les mâts. On remarque également son savoir-faire, la netteté des images, les panoramiques qui s’inspirent des peintures de l’époque de Melville et les séquences dans le port, qui semblent reprendre les grandes descriptions de Dickens.

Tommaso Tronconi, traduit par Fabio Raffo, source originale le blog italien de critique audiovisuelle « Onesto e spietato » : http://www.onestoespietato.com/heart-of-the-sea-le-origini-di-moby-dick-recensione/

(Tommaso Tronconi, 1988 : florentin doc, a effectué l’ensemble de son parcours universitaire à Florence, notamment un master en Histoire du Cinéma et s’est spécialisé dans la critique cinématographique et la création de blog, ndlr.)

Réalisation: Ron Howard
Scénario: Charles Leavitt
Photographie: Anthony Dod Mantle
Musiques: Roque Baños
Avec: Chris Hemsworth, Brendan Gleeson, Cillian Murphy

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s