The Dressmaker de Jocelyn Moorhouse

(crédit photo: Universal)

Un film western fashion à l’australienne.

The Dressmaker de Jocelyn Moorhouse, avec Kate Winslet, est un film amusant et émouvant, avec des personnages bien élaborés et un scénario construit avec brio, avec quelques concessions accordées au romantisme.

Plus de quinze ans sont passés depuis le dernier film dirigé par la réalisatrice, scénariste et productrice australienne J. Moorhouse, lors de Secrets (A Thousand Acres). Avec The Dressmaker, elle signe son retour avec succès, dans l’air du temps. L’attente a été donc bien récompensée : ce long-métrage, sans se référer à un genre ou à un public précis,  révèle plusieurs surprises.

Basé  sur le roman homonyme de Rosalie Ham, The Dressmaker mélange drame, comédie (romantique et noire), et western. Le Far Ouest est le centre du film, mais il s’agit d’une histoire située dans le splendide désert de l’Australie, au début du XXe siècle, quand le mythe de la frontière est déjà passé de mode depuis longtemps.

Myrtle “Tilly” Dunnage (Kate Winslet) revient à Dungatar, sa petite et isolée ville d’origine, pour s’occuper de sa mère seule et malade, Molly (Judy Davis). C’est un retour inattendu après des années d’exile en Europe, à cause d’un homicide dont elle est accusée : son retour réveille donc des rancœurs, ainsi que son envie de vengeance.

Le long-métrage marie donc à la perfection une atmosphère légère et lourde en même temps, des sentiments plus romantiques ou plus noirs, par le biais d’une série de personnages bien nuancés, même s’ils pourraient, parfois, nous sembler quelque peu caricaturaux. Bien sûr, c’est à cause de l’atmosphère western : chacun a son rôle, son trait typiquement cinématographique. Il y a aussi des relectures modernes, comme c’est le cas de l’excentrique personnage efféminé du sergent Farrat, joué par Hugo Weaving (c’est troublant de se rappeler son interprétation du glacial et indestructible Agent Smith dans Matrix). Le duo formé par Kate Winslet et Judo Davis est phénoménal. Winslet mélange dans son rôle l’air snob de Meryl Strep dans Le Diable s’habille en Prada et la vindicative Beatrix Kiddo-Uma Thurman de Kill Bill : elle est simplement parfaite, une actrice de première classe dans un rôle qui exalte toutes ses qualités. Bien qu’elle n’ait pas l’âge du rôle, Davis joue une mère sur le déclin, vivace et parfois mégère, mais semble finalement prête à tout pour aider sa fille.

The Dressmaker est donc une chimère, car c’est un produit qui ne trouve pas un emplacement dans la logique de production et distribution du cinéma contemporain. C’est une œuvre qui est bien réalisée dans chacune de ses sections (réalisation, photographie, musique, jeu), pleine de bonne idées qui réussit à éviter le danger d’un mélange artificiel.

Tommaso Tronconi (traduit par Fabio Raffo) source originale le blog italien de critique audiovisuelle « Onesto e spietato » : http://www.onestoespietato.com/the-dressmaker-kate-winslet-recensione/

(Tommaso Tronconi, 1988 : florentin doc, a effectué l’ensemble de son parcours universitaire à Florence, notamment un master en Histoire du Cinéma et s’est spécialisé dans la critique cinématographique et la création de blog, ndlr.)

Réalisation: Jocely Moorhouse
Montage : Jill Bilcock
Photographie : Donal McAlpine
Scénario : Jocely Moorhouse
Musiques: David Hirschfelder
Production: Sue Maslin

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