Alexandre Hollan, exposition De la ligne à la couleur

(Crédit photo: Oriane Maubert)

« Hollan travaille à la limite de la visibilité pour atteindre l’invisible » Yves Bonnefoy

Né en 1933 à Budapest, ami autant des auteurs que des artistes du spectacle vivant (Yves Bonnefoy ou encore Josef Nadj pour ne citer qu’eux), Alexandre Hollan vit et travaille en France depuis les années soixante, et expose dans le monde entier.

Depuis plus de trente ans, les arbres de l’Hérault constituent le motif récurrent qui peuple les toiles d’Alexandre Hollan, comme un refrain sans cesse répété, perpétuellement réinventé. Dans un jeu de clair-obscur, suscitant notre capacité d’inventivité et projetant nos images mentales sur la toile, l’arbre chez Alexandre Hollan compose une métaphore de la condition humaine, de la famille et ses ramifications, de l’humain qui se construit ou se casse de branche en branche tout au long de sa vie. C’est, finalement, autant l’arbre de la vie que l’arbre de la connaissance qui nous est donné à voir ici.

À travers ses peintures, Alexandre Hollan semble essayer de saisir, non pas les branches, leurs tracés et leurs contours, mais plutôt la lumière qui s’en dégage, que l’on voit ou croit deviner entre les feuillages et qui, parfois, nous éblouit autant qu’elle obscurcit notre vue. Cette peinture de la lumière chez Hollan se manifeste alors par une radicalisation du trait et de la couleur, où les vifs couchers de soleil autant que la froideur du manteau bleu de la nuit sont tracés sur la silhouette des arbres. Presque comme des idéogrammes, très peu de traits sont nécessaires pour un tracé quasi parfait. Cette économie du pinceau et des couleurs crée alors une vérité saisissante, où la pure essence du geste créateur manifeste son éclat.

Les arbres d’Alexandre Hollan constituent alors sur la toile une matérialisation de l’intériorisation mentale que l’artiste se fait de la nature. Alexandre Hollan nous offre, non pas des reproductions d’arbres, mais bien ce qu’il perçoit, ce qu’il imagine, le paysage entier qu’il crée à travers eux. Hollan le dit lui-même : « Ne pas trop regarder, pour mieux voir l’essentiel ». Surplombant les contours du visible, ces lumières d’arbres peintes par Alexandre Hollan projettent alors sur la toile des vies silencieuses, des mondes inventés, des histoires qu’il reste encore à raconter. Invitant au voyage onirique ainsi qu’au dépassement des choses connues, Alexandre Hollan ajoute : « L’arbre existe sans moi. La vie sous cette forme est pure de moi. Sans subjectivité, sans projection. Devant l’arbre, ma chance est d’entrer directement en contact avec l’inconnu, le ʺpas moiʺ. »

Ces arbres, cent fois répétés depuis trente ans, constituent le puits intarissable de la réflexion artistique du peintre, où Alexandre Hollan expose autant l’intimité profonde du paysage intérieur que nous possédons, que ce paysage primitif que les hommes parcourent depuis la nuit des temps.

Oriane Maubert, expo visitée le 5 avril à Galerie La Forest Divonne, Paris

Exposition ouverte au public du 3 mars au 30 avril 2016

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